lundi 1 mai 2017

Mon choc-meringué, le Wabi-sabi, Fernando Mastrangelo et Bonjour Veillesse !









Toujours à la recherche du gâteau au chocolat  ... cette recette trouvée sur le blog de Dorian cuisine, je l'ai comme à mon habitude légèrement modifié. Son apparence m'a tout de suite plu, l'aspect craquelé et affaissé de la meringue ne présage pas de la texture que l'on a en bouche; entre légèreté, croquant et moelleux accentué du chocolat. 





Recette


  • Commencez par faire fondre  200 gr. de chocolat noir au bain-marie avec 150 gr. de beurre puis quand cette préparation est prête ( mélangez bien le beurre et le chocolat fondu), allumez votre four à 160 ° C.
  • Dans un saladier, fouettez jusqu'à obtention d'un rendu crémeux et mousseux, 2 oeufs + 4 jaunes avec 50 gr. de sucre blond.
  • Y ajoutez 100 gr. de farine + 1 càc de levure.
  • Tamisez un moule de 24 cm env. et versez la pâte ; cuisson une vingtaine de minutes.

Pour la meringue,fouettez les quatre blancs d'oeufs avec 150 gr. de sucre blond, 1 càc de vinaigre blanc, 1 càs de Maïzena. Quand la texture a atteint son volume, ajoutez à la passoire 20 gr. de poudre de cacao, ne mélangez pas complètement, il faut garder un aspect de couleurs tranchées !


Retirez le moule du four, montez la température à 180 °C et ensuite versez la meringue avec une marysette sur le gâteau ( tiède ) et enfournez de nouveau pour une vingtaine de minutes, la meringue doit craquer sous votre doigt.

Sortez, admirez ! et dégustez.







C'est l'aspect et les recettes simples des gâteaux maison qui m'ont faits penser aussitôt à cette philosophie qu'est  le Wabi-sabi.




Le
Wabi - sabi
c'est l'art de voir dans la simplicité, l'authenticité mais aussi l'usure, la patine, le vieillissement, 

une esthétique du beau.




La sublime simplicité d'un meuble en bois patiné par le temps, la douce mélancolie d'un bouquet de fleurs et de feuilles fanées, la tristesse  naturelle d'un vieux drap de lin brodé, un miroir tacheté et presque opaque hérité d'une vieille tante, ... l'usure d'un élément naturel sur un autre comme les bois flottés ou les verres polis par la mer, la beauté de l'asymétrie d'une céramique raku à l'aspect vieilli intentionnellement ! 
C'est une matière à l 'état brut, l'essence même d'un matériau noble. Beaucoup d'artistes travaillent et utilisent le " temps " comme un élément de leur travail, pour les plus connues, les sculptures rouillées et monumentales de Richard Serra. 


Fernando Mastrangelo utilise des matériaux originaux comme le sel, le sucre, le café, le sable, ... pour réaliser ses oeuvres ( peintures, miroirs, meubles, médaillons décoratifs en staff, ... ).










En comparaison, il existe une étrange similitude avec ci-dessous, des clichés de volets pris dans les rues de Bordeaux. Il n'est pas question de minimiser l'oeuvre de cet artiste mais de réfléchir justement sur le sens de ce concept bouddhiste en se posant la question :



- Volets à Bordeaux -


- Pourquoi ne voit-on pas du "beau" dans des volets usés ?


Parce que ce sont justement des volets et qu'ils ne sont pas exposés dans une galerie ; car l'usure n'est pas un acte délibéré, il est le fait du temps et des intempéries qui ont peu à peu abîmés la peinture et le bois. C'est une résultante et non un acte créatif et ces volets seront enlevés et sûrement jetés lors de la rénovation de cette maison.




F L O R I L E G E


Voici des exemples de photos qui définissent ce sujet, l'usure du temps qui donne de la personnalité, du cachet. Qui peut en s'estompant ou se déchirant créer un style ou une oeuvre à part entière. 




- Mur et portail, Ile de Ré -


- Peinture sur blockhaus au Cap ferret -

- Base sous-marine, les Bassins à flots, Bordeaux -


- Table et chaise anciennes -






- Bouquet de renoncules fanés, vieux torchons en lin, pot en céramique -


- Plaque de four -



- Vieille Boîte de biscuits -
© Kathy Quin Davies



- Mur dans Berlin -



- Le Hangar Darwin -


- Ancien panneau publicitaire -


- Tronc d'un vieil arbre du Bourran à Mérignac -





B O N J O U R   V I E I L L E S S E



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- © Sébastien Soulard - Instagram  " sousseb " -


Humble dans son attitude et ses vêtements. Son regard est troublant, terriblement sérieux. Quant elle fixe l'objectif de Sébastien Soulard, il est difficile de savoir ce qu'elle pense ... mais comme elle est belle !

Ce qu'il y a de plus émouvant et de plus beau dans ces photographies, ce sont ces peaux qui  se plissent, se rident, ne laissant que peu de place aux surfaces lisses. Sillons comme des tatouages en relief, turgescences, quelques affaissements, taches, matité, épaississements, rudesse de certaines parties qui, au touché, peuvent se révéler d'une douceur étonnante; c'est une magnifique cartographie de la vie, un " paysage " qui a vécu, souffert et beaucoup ri, peut-être, comme cette splendide femme de la photographie ci-dessous. 


- © Photography ? -
 Je n'ai pas retrouvé le ou la propriétaire de cette photographie ?



De ce rire, de ce geste enfumé, de cette main posée avec force sur son genou, de cette jupe et blouse élégantes, de ce chignon rapide aux cheveux ondulés, blancs, presque blonds mais surtout de ces yeux si pétillants jaillit la vie ou la gravité d'une existence comme la femme  Hmongs (plus haut).

La longue vie d'un être qui accueille la vieillesse avec sérénité. 
Pulsion de ce coeur qui bat, qui bat, ... toujours.

La peau vieillit est-elle esthétique ? 
Oui, mille fois oui, et la personne âgée incarne magnifiquement la philosophie du Wabi-sabi.



Sur le site assez exceptionnel qu'est L'orto di Michelle ! je fais un rappel approprié de ce parallèle entre un chou frisé et la peau vieillit. 
Le titre de ce billet : la beauté des rides ...








J'ai découvert le Wabi-sabi avec la revue Milk Décoration, le numéro hors-série n° 2 actuellement en kiosque avec Campagne attitude, il en parle plus longuement à travers différents articles.